Convertir les fabricants de charbon de bois en artisans du solaire
Les cuiseurs solaires sont du matériel low-tech. Pas d’informatique, pas d’électronique. Des plaques métalliques, un revêtement réfléchissant, des tubes, quelques outils… Fournitures qu’on peut à la rigueur remplacer par du carton, du papier d'aluminium, des fibres, du bois...
Contrairement aux OGM, les prototypes mis aux point dans les pays nantis n’ont pas pour vocation d’être brevetés et de « faire de l’argent ». Ils ont été mis au point par des personnes qui cherchaient avant tout à faire quelque chose pour améliorer le sort des humains les plus défavorisés. Ces cuiseurs ont pour vocation d’être adoptés, adaptés, copiés, détournés… Une fois qu’on a réalisé ce qu’il est possible de faire avec le soleil, l’imagination et la créativité s’en donnent à cœur joie.
Par ailleurs, on peut se demander ce que deviendront les personnes de la filière bois (ramasseurs de bois, transformateurs de bois en charbon de bois, distributeurs…) si le soleil est amené à les priver de leur gagne pain. Pourquoi ne pas les faire participer à cette mutation ? Ils font un métier épouvantable. Leur espérance de vie est très courte. Leur conversion comme artisan dans la fabrication de fours solaire serait une amélioration certaine de leur condition en même temps qu’une amélioration du niveau de vie de leur clientèle.
Il faudrait de l’ordre d’un mois pour former un artisan et les fonds à emprunter pour l’équiper sont comparables à ceux qu’on peut récolter dans une tontine traditionnelle. Cette conversion est donc tout à fait envisageable et s’accorde tout à fait au génie de la récupération et à l’inventivité des Sénégalais.